Cette forme fragile que je porte et qui me porte
« Vous voulez graver les mots « poème lyrique » dans mon cÅ“ur ! Vous voulez les utiliser contre moi afin de pouvoir prendre votre revanche contre cette forme fragile que je porte et qui me porte. Gravez-les, gravez-les et gravez-les encore, et puis invoquons tous les poèmes lyriques qui se trouvent dans les limbes et ordonnons-leur de se répandre sur cette « terre » et d’y creuser des canaux, d’y construire des routes, d’y ériger des palais, des tours et des temples, de faire du désert des jardins et des vignes parce qu’un peuple puissant va venir y habiter et l’a choisi pour patrie.
May, vous êtes une grande et puissante nation de conquérants, et dans le même temps vous êtes une fillette de sept ans, riant au soleil, pourchassant des papillons, cueillant des boutons de roses et sautant par-dessus les ruisseaux. Rien dans la vie ne m’est plus doux que de courir après cette charmante fillette, de la rattraper et de la ramener à la maison à califourchon sur mon dos pour lui raconter des histoires étranges et merveilleuses — jusqu’à ce que le sommeil effleure ses paupières et qu’elle sombre dans un sommeil paisible".Djoubran Khalil Djoubran à Mey Ziada
