Saïda ou l'Impossible Bonheur


« Resté seul, il s’étonna que le bonheur vînt à lui comme cela, tout seul, dans la vie qui, à ses débuts déjà lointains, lui avait semblé si hostile, si dure à vivre. Le calme, la contemplation et l’ivresse charmante de l’amour, tout cela lui était donné généreusement, et il songeait avec reconnaissance à ces cinq années de labeur moral, là-bas, dans la triste Saïda…
Saïda ! la Bienheureuse… Certes, elle était bénie, cette petite ville perdue où, parmi les « heimatlos » assombris par l’inclémence des choses, il avait appris à être heureux » !

Isabelle Eberhardt. Pages d’islam, 1932