Notre étrange destinée

Voilà ce qui habite mon Âme en cet instant, de cette fin de journée du 03 Mars 2020, alors que je me dirige vers El Oued sur la route de Touggourt, pour promener, encore une fois, notre regard à deux sur ces cordons dunaires à la blancheur immaculée de l’Erg Oriental.
Sur la crête d’une dune aux contours divinement tracés par les vents, je m’asseyais et contemplais l’immensité saharienne dont l’éclat n’avait d’égal que cette insolente beauté des déserts algériens pétris d’un subtil mélange de beauté divine, de quiétude et de tristesse.

Sur ce fonds dunaire crépusculaire, que je connais depuis des lustres, se dessinait progressivement notre Âme soudainement ressuscitée du Néant: la cavalière russe, Mahmoud, isabelle, Ali, Slimane le Spahi, l’INA, Beb El Oued, la Casbah, Montpellier, la rue du Soudan et la belle « Jnina » de la place des Martyres, Cherchell, « Behima », Marseille et Sidi Abderrahmane, l’Ile de a réunion, le passé lointain du début du vingtième siècle, notre rencontre à Alger un siècle plus tard. Tous ces lieux et ces temps, tel un tourbillon et dans un seul mouvement, submergeaient ma mémoire pour donner corps à notre Âme errante. Celle qui vient de m’habiter en cet instant où je suis la créature la plus heureuse et l’Âme la plus apaisée de l’Univers.

Mais, hélas, je resterai cet immense chagrin qui m’étreint à chaque fois que je recroise les sentiers de notre étrange destinée : S’aimer et se déchirer éternellement.

Que Dieu ait pitié de notre Âme.

Touggourt, vers El Oued, L’Erg Oriental, le 04 Mars 2020