Campement de l’instant
Djanet, le 09 décembre de l’an de grâce 2021, je m’en vais écrire ce centième « post » pour je ne sais quelle raison. Vaine quête d’éternité, désir d’assouvir une soif ou quête de soi-même ou de notre âme ? Je ne saurai le dire. C’est peut-être un peu de tout cela mais aussi, et surtout, la recherche d’un sens à notre vie, la volonté de poser le jalon fondateur de ce « quelque chose » qui n’a jamais existé que dans notre rêve de papillon.
Capter l’instant et établir le « campement » pour l’âme errante qu’est la nôtre. Tel est mon désir. Je sais que nos, vies sont éphémères, que nos corps s’anéantiront dans la poussière, à l’image de celle que je laisse filer entre mes doigts sur ce plateaux rocailleux en face de l’ « Erg d’Admer » ou en face de cette fresque pathétique de « La vache qui pleure ».
Je le sais, plus rien ne subsistera de notre vécu, mais notre âme survivra et viendra habiter ce campement dont, au travers de ce centième « article », je viens de poser la pierre fondatrice. Du moins, j’essaie de rassembler les fragments de notre vie, éparpillée ici et là, entre les deux terres, pour en faire « le campement de l’instant » dont a tellement besoin notre âme, en quête d’apaisement, pour retrouver sa place dans ce vaste mouvement de l’univers dont on est que les grains de poussières.
C’est aussi un témoignage que je laisse à la postérité pour que les étoiles et la terre sachent que nous avons bel et bien existé : Un amour qui tient du tout et du rien, de la mort et de la vie, de l’espoir et du désenchantement, de l’attachement et du déchirement, du temps qui passe et de la terre qui s’érode.
Ce sera ce petit blog, cet espace d’électrons lumineux qui donnera de la consistance à ce que nous avons été et ce que nous aurions souhaité que l’on soit. Un repère, juste un campement éphémère de Touareg, un tumulus en hommage à la bonté de Dieu de nous avoir ainsi faits pour s’aimer et s’évaporer dans le tumulte du temps et les reliefs tourmentés de l’espace.
Si un jour tu passais par-là, sache que cet espace t’appartient car je l’ai écrit à l’encre de nos absences et au profit de nos enfants. Il sera la réincarnation de notre âme, notre acte d'existence sur cette terre. En partant de ces lieux, habités par les Dieux, j’y laisse quelques fragments de notre Être et une prière pour notre âme et pour les nôtres.
A l’horizon, derrière les Tassilis, le soleil crépusculaire sombre dans le fleuve de l’éternité…
Tassili n’Ajjer, le mercredi 8 décembre 2021