Que c’est simple de mourir !


« Et, quand le corps fut déposé dans la terre, la face tournée vers la sainte « Mekka », et recouvert de palmes vertes, le sable blanc coula doucement, recouvrant pour l’éternité ce qui avait enfermé une âme musulmane, l’âme de quelque humble cultivateur soufi, homme de peu de savoir et de beaucoup de foi.

« Puis, paisiblement, remportant le brancard vide, la blanche théorie reprit le chemin de la ville, dans l’attente absolument résignée en chacun de revenir, à l’heure fixée par le « Mektoub », sur ce même brancard, accompagné par les mêmes gestes millénaires et les mêmes litanies d’inébranlable certitude.

Et ce passage d’un enterrement, dont aucune ombre lugubre n’entachait la douceur ineffable, avait fait descendre en (mon) cœur étranger une paix profonde

Puis tout le monde s’en va de son côté.

Que c’est simple de mourir !

Isabelle Eberhardht