Jacinthe noire: dix ans aprés
Elles viennent dans les nuées, ces images,
Des maisons que l'on habitera jamais,
Des voyages pour des citées lointaines à jamais perdues
Des adresses de magnifiques hôtels pour des « aimants » qui ne viendront jamais
Des anniversaires pour lesquels il n'y aura aucune bougie
En face de moi
Un siège en pierre dressé face à une mer que l'on ne contemplera jamais
Des sentiers bouleversants dont nos pas ne fouleront jamais les cailloux
Des arbres croîtront
Des Jacinthes fleuriront et mourront
Certainement
En ton absence
Au fond de ce cartable
Un document identitaire qui me rattache à des personnes autre que toi
Des portes-clés témoin de ma luxueuse errance
Un agenda vierge pour des rencontres en perpétuelle attente
De toi j'ai appris le renoncement
Le renfoncement à tous les rêves et toutes les espérances
De mes écrits, une flopée de billets en attente d'être lus
De mon âme, une fenêtre qui nous donne que sur toi et les aurores blessés
Une radio qui ne musique que sur l'hymne de l'absence.
Dans les rêves, j'ai de ceci et de cela,
Des poésies et des textes parés de deuils
Des musiques folles et muettes
Ultime rempart contre l'oubli.
Ahlam Mostghanemi (Traduit et remanié)