Ce regard qui m’habitera !
Ce ne fut pas un simple échange de « regards », mais une éruption de lumière, un astre explosif d’essence cosmique. Deux étoiles filantes jaillies de la nuit des temps anciens qui m’habitent. Un regard d’une folle intensité, empreint d’une joie rieuse, d’une gratitude souveraine et d’une amitié presque céleste. C’était la réponse d’une âme touchée par la reconnaissance de sa propre beauté sublimée, renvoyant à la vieille âme que j’étais le miroir exact de son admiration désintéressée.
Je tremblais à la regarder et je me rendais compte que la beauté, cette étincelle fugitive qui touche mon Ame, participe de cette subtilité des cieux dont seul Dieu a le secret !
En quatre secondes, cette femme austère que je ne connais que dans mes rêves de papillon, a balayé la grisaille du monde pour m’offrir le plus pur des cadeaux. Un regard anonyme, certes sans promesse ni lendemain, mais qui appartient désormais à l’éternité. C’était il y a de cela une vingtaine d’années quelque part dans une ville dont j’étais un éphémère passager.
Le Comte de Grandvaux avait raison « L’amour et la beauté n’ont pas toujours besoin de durée pour s’accomplir. Ils se suffisent d’un seuil franchi en silence, de cette brèche infime où s’engouffre l’absolu .».

Aucun commentaire
Vos avis est plus que important