Loundja, le rêve inachevé


J’ai chuté dans l’ornière de l’affliction ce jour fort lointain, que je n‘ai jamais pu ou su saisir, où je suis passé à côté de ce petit port froid de Cherchell sans penser à jeter un dernier regard, aussi fugace soit-il-, pour appréhender ton ombre et humer tes odeurs marines.
Je croyais que la jeunesse était éternelle, que les Amours et les bonheurs ne mourraient guère. Je pensais te retrouver, te réinventer et te ressusciter de tes propres cendres. Je pensais donner vie à tes absences si lourdes à porter aujourd’hui.

Je pensais que cette Vie était Notre. Que nos âges se compteraient en milliers d’étoiles et en myriades de grains sahariens. Que nous aurions tous les rêves de l’univers pour nous aimer. Hélas, la « réalité » a sonné le glas de nos folles espérances. Il se peut que tu ne sois plus de ce Monde, que je trépasse dans les quelques secondes qui suivront ces quelques Mots, sans que l’on puisse apaiser notre Ame éclatée.

Nous nous sommes dit certainement un Adieu tout à l’heure, il y a de cela un quart de siècle. Peut-être que l’on s’est déjà rencontré dans un passé préhistorique lointain et il se pourrait que l’on se rencontre, encore une autre fois, ailleurs dans une autre Vie, un autre temps, sur ces mers qui nous ont tant habités, Toi « Loundja » fille de l’ogresse et Moi le rêve d’enfant que tu as habité depuis la nuit du temps.



Meftahi Said