Moindre est l’espoir du retour
« Mais je reste accoudée sur la passerelle, à rêver, en une mélancolie résignée, à l’insondable mystère des lendemains ignorés et des aboutissements inconnus des choses sans durée réelle, qui environnent et régissent nos destinées encore plus éphémères, plus furtives.
Puis, comme certaines âmes ne s’attachent au sol que par l’exil, et que la nostalgie est, pour elles, l’aube d’un amour vivace pour les lieux quittés, d’un amour d’autant plus profond que moindre est l’espoir du retour, je sens que je commence à aimer cette ville, ses ports surtout, et que sa silhouette telle qu’elle m’est apparue aujourd’hui surgira toujours parmi des visions chères qui hantent mes rêveries d’errante et de solitaire".
Isabelle Eberhardt, 1908 - Notes de routes
